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C'était il y à seulemnt ?? 102 ans !!
http://www.conseilnationaldelaresistance.fr/
La Charte d'Amiens (1906)
Présentation par Gilles Morin
L'indispensable
La " Charte d'Amiens " est adoptée en 1906 par la Confédération
Générale du Travail (CGT) lors de son IXe congrès confédéral. Cette
déclaration solennelle réaffirme l'indépendance du mouvement
syndical vis-à-vis des partis politiques et marque la prééminence du
syndicalisme révolutionnaire. Elle reste un texte de référence, cité
dans les débats syndicaux.
Le document
XVe CONGRÈS NATIONAL CORPORATIF - IXe DE LA CGT - AMIENS, 8-16 OCTOBRE
1906.
" Le Congrès confédéral d'Amiens confirme l'article 2, constitutif de
la CGT : " La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les
travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du
salariat et du patronat ".
Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de
la lutte de classe, qui oppose sur le terrain économique, les
travailleurs en révolte contre toutes les formes d'exploitation
et d'oppression, tant matérielles que morales, mises en œuvre par la
classe capitaliste contre la classe ouvrière.
Le Congrès précise, par
les points suivants, cette affirmation théorique : dans
l'œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la
coordination des efforts ouvriers, l'accroissement du mieux-être des
travailleurs par la réalisation d'améliorations immédiates,
telles que la diminution des heures de travail, l'augmentation des
salaires, etc.
Mais cette besogne n'est qu'un côté de l'œuvre du
syndicalisme ; il prépare l'émancipation intégrale, qui ne peut
se réaliser que par l'expropriation capitaliste ; il préconise comme
moyen d'action la grève générale et il considère que le syndicat,
aujourd'hui groupement de résistance, sera, dans l'avenir, le
groupe de production et de répartition, base de réorganisation
sociale.
Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et
d'avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la
classe ouvrière et qui fait, à tous les travailleurs, quelles que
soient leurs opinions ou leurs tendances politiques ou philosophiques,
un devoir d'appartenir au groupement essentiel qu'est le
syndicat. Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le
Congrès affirme l'entière liberté pour le syndiqué, de participer, en
dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte
correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à
lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat
les opinions qu'il professe au dehors. En ce qui concerne les organisations,
le Congrès déclare qu'afin que le syndicalisme
atteigne son maximum d'effet, l'action économique doit s'exercer
directement contre le patronat, les organisations confédérées
n'ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des
partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en
toute liberté la transformation sociale ".
SIGNATAIRES : (Nous donnons le nom tel qu'il est écrit dans le compte
rendu puis entre crochets le vrai nom). Marie [Marie François, ouvrier
typographe de la Seine] ; Cousteau [Cousteau M., ouvrier
jardinier] ; Menard [Ménard Ludovic, ouvrier ardoisier à Trélazé] ;
Chazeaud [Chazeaud Jules, chaudronnier, Lyon] ; Bruon [Bruon C.,
bâtiment] ; Ferrier [Ferrier Louis, serrurier, Grenoble] ; E.
David, B. d. T. Grenoble [David Eugène, plâtrier-peintre, Grenoble] ;
Latapie [Latapie Jean, métallurgie, Paris] ; Médard [Médard Jean-
Baptiste] ; Merrheim [Merrheim Alphonse, métallurgie] ;
Delesalle [Delesalle Paul, métallurgiste en instruments de précisions,
Paris] ; Bled [Bled Jules, jardinier, Seine] ; Pouget [Pouget Emile] ;
Tabard E. [Tabard Etienne, cocher-livreur, Paris] ;
Bousquet A. [Bousquet Amédée, boulanger, Paris] ; Monclard [boulanger,
Marseille] ; Mazau [Mazaud Jacques, cocher de fiacres, Seine] ; Braun
[Braun Joseph, ouvrier mécanicien] ; Garnery [Garnery
Auguste, bijoutier, Seine] ; Luquet [Luquet Alexandre, coiffeur,
Paris] ; Dret [Dret Henri, cordonnier, Paris] ; Merzet [Merzet
Etienne, mineur, Saône-et-Loire] ; Lévy [Lévy Albert, employé] ; G.
Thil [Thil G., lithographe] ; Ader [Ader Paul, ouvrier agricole,
Aude] ; Yvetot [Yvetot Georges, typographe, Seine] ; Delzant [Delzant
Charles, verrier, Nord] ; H. Galantus [Galantus Henri,
ferblantier, Paris] ; H.Turpin [Turpin H., voiture] ; J. Samay, Bourse
du Travail de Paris [Samay J.] ; Robert [Robert Charles, palissonneur
en peaux, Grenoble] ; Bornet [Bornet Jules, bûcheron,
Cher] ; P. Hervier, Bourse du Travail de Bourges [Hervier Pierre,
Bourges] ; Dhooghe, Textile de Reims [Dhooghe Charles, tisseur] ;
Roullier, Bourse du Travail de Brest [Roullier Jules,
électricien, Finistère] ; Richer, Bourse du Travail du Mans [Richer
Narcisse, ouvrier en chaussures] ; Laurent L., Bourse du Travail de
Cherbourg [Laurent Léon] ; Devilar, courtier de Paris
[Devilar C.,] ; Bastien, Textile d'Amiens ; Henriot, Allumettier,
[Henriot H.] ; L. Morel de Nice [Morel Léon, employé de commerce] ;
Sauvage [mouleur en métaux] ; Gauthier [Gautier Henri,
chaudronnier, Saint-Nazaire].
On 19 août, 12:06, "Bernard CnR2008