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jeudi 16 juin 2011
PROHIBITIONS ET MENSONGES
Cannabis sativa L. et le renouveau de vieux préjugés. Toujours et encore on entendait dans un passé récent dans les salles de tribunaux des exposés comme : "... il ne peut être question d’inoffensivité..." ; "...il en résulte les psychoses graves des consommateurs ..." ; "...quant au contenu élevé et incessamment croissant de substance active on ne peut pas non plus parler d'une drogue douce...". Ces paroles proviennent toutes, plus ou moins identiques, du contenu des plaidoyers tenus récemment par des procureurs en procédure de LStup. Il y est question de la substance canabinol
Ceci n’est pas non plus surprenant quant aux article2 publiés récemment dans des revues juridiques spécialisées, sur le sujet du cannabis. Car là aussi on parle de "consommateurs gravement dépendants du cannabis", "échantillons de fleurs de cannabis avec un taux supérieur", ‘’possibilité de tomber malade d’une schizophrénie non toxique, dépression ou perturbations dues à l’angoisse", "une réapparition de THC du tissu adipeux dans le circuit", "symptômes de sevrage", " neurocognitivité diminuée","Troubles psychique et psychosociaux " aussi bien que des "consommateurs physiquement atteints" et ainsi suite 1 De plus il est globalement parlé du cannabis, ce qui englobe tant les parties végétales (marihuana) que la résine de cannabis (haschich). Pourvu que les distinctions entre les différentes substances soient faites, il est mentionné de façon séparée. L'huile de cannabis est négligée à cause de la pertinence pratique insignifiante, voire : BKA, p. 4,"Daten zur Rauschgiftkriminalität 2005 in Deutschland – Zusammenfassung" (recueil sur la criminalité des drogues 2005 en Allemagne - résumé ). 2 De plus il est globalement parlé du cannabis, ce qui englobe tant les parties végétales (marihuana) que la résine de cannabis (haschich). Pourvu que les distinctions entre les différentes substances soient faites, il est mentionné de façon séparée. L'huile de cannabis est négligée à cause de la pertinence pratique insignifiante, voire : BKA, p. 4,"Daten zur Rauschgiftkriminalität 2005 in Deutschland – Zusammenfassung" (recueil sur la criminalité des drogues 2005 en Allemagne - résumé ). des scénarios d'horreur rapportée comme typiques de la consommation de cannabis. Et les conclusions sont alors généralement présentées avec des explications comme : "... on ne peut donc que lancer une mise en garde d'une légalisation du cannabis toujours et encore discutée..."3 "...de même, c’est l’augmentation de la qualité du haschich et de la marihuana qui explique la scrupuleuse pratique et l’attitude de beaucoup de Lands par rapport à des quantités limitées de cannabis pour la consommation personnelle conformément à § 31 a BtmG...
Ces présentations sont soulignées avec les informations prétendument sérieuses des chaînes de télévision étatisées5, on ne doit pas nier que ses mises en scène ont un effet médiatique, efficace certes, mais ne sont d’aucune aide dans le cadre de l'éducation générale.6 En conséquence il est difficile de faire des reproches aux jeunes générations des ministères publics. Car il semble qu’ici ce n’est pas un manque d'information qui cause problème, mais plutôt la mauvaise information tout court. Tant qu’un juge sensé est chargé de la responsabilité à conduire des audiences, ces mauvaises informations ne peuvent pas influencer la sévérité de la peine. Ceci se présente cependant déjà différemment, quand des assesseurs participant aux audiences qui ne sont justement pas fondées du même principe de l'expérience et des connaissances du juge, prennent donc les déclarations des avocats généraux fréquemment comme fait établi. Des explications contraires de la défense sont transformées seulement en "Stratégie" comprise pour l'obtention d’une remise de la peine sans même prendre en considération ne serait-ce qu’une éventuelle information objective. On ne doit pourtant faire aucun reproche aux assesseurs non professionnels sur ce point, vu que, eux aussi, prennent pour base les comptes rendus des médias7 déformant les réalités générales comme sources de connaissance.
, p. 20. 171 Kleiber/Söllner, b. de p. (no. 56), p. 128ff..
Discours prononcé à Genève le 30 décembre 1931 Comment les travailleurs pourront-ils obtenir leur justice sans violence ? Si les capitalistes emploient la force pour supprimer leur mouvement, pourquoi ne s'efforceraient-ils pas de détruire leurs oppresseurs ?
Réponse: Cela, c'est la vieille loi, la loi de la jungle : oeil pour oeil, dent pour dent. Comme je vous l'ai déjà expliqué, tout mon effort tend précisément à nous débarrasser de cette loi de la jungle qui ne convient pas aux hommes.
Vous ne savez peut-être pas que je suis conseiller d'un syndicat ouvrier d'une ville appelée Ahmedabad, syndicat qui a obtenu des témoignages favorables d'experts en ces matières. Nous nous sommes efforcés de toujours employer la méthode de la non-violence pour régler les conflits qui ont pu s'élever entre le capital et le travail, au cours de ces quinze dernières années. Ce que je vais vous dire est donc basé sur une expérience qui est dans la ligne même du sujet auquel se rapporte cette question.
À mon humble avis, le mouvement ouvrier peut toujours être victorieux s'il est parfaitement uni et décidé à tous les sacrifices, quelle que soit la force des oppresseurs. Mais ceux qui guident le mouvement ouvrier ne se rendent pas compte de la valeur du moyen qui est à leur disposition et que le capitalisme ne possédera jamais. Si les travailleurs arrivent à faire la démonstration facile à comprendre que le capital est absolument impuissant sans leur collaboration, ils ont déjà gagné la partie. Mais nous sommes tellement sous l'hypnotisme du capitalisme, que nous finissons par croire qu'il représente toutes choses en ce monde.
Les travailleurs disposent d'un capital que le capitalisme lui-même n'aura jamais. Déjà à son époque, Ruskin a déclaré que le mouvement ouvrier a des chances inouïes; il a malheureusement parlé par-dessus nos têtes. À l'heure actuelle, un Anglais qui est à la fois un économiste et un capitaliste, est arrivé par son expérience économique aux conclusions formulées intuitivement par Ruskin. Il a apporté au travail un message vital. Il est faux, dit-il, de croire qu'un morceau de métal constitue du capital; il est également faux de croire que même telle quantité de produits représente un capital. Si nous allons à la vraie source, nous verrons que c'est le travail qui est le seul capital, un capital vivant qui ne peut être réduit à des termes de métal.
C'est sur cette loi que nous avons travaillé dans notre syndicat. C'est en nous basant sur elle que nous avons lutté contre le gouvernement et libéré 1.070.000 personnes d'une tyrannie séculaire. Je ne puis entrer dans les détails et vous expliquer en quoi consistait cette tyrannie, mais ceux qui veulent étudier le problème à fond pourront facilement le faire.
Je veux cependant vous dire simplement comment nous avons obtenu la victoire. Il existe en anglais, comme d'ailleurs en français et dans toutes les langues, un mot très important, quoique très bref. En anglais il n'a que deux lettres, c'est le mot "no", en français "non". Le secret de toute l'affaire est simplement le suivant : lorsque le capital demande au travail de dire oui, le travail, comme un seul homme, répond non.
A la minute même où les travailleurs comprennent que le choix leur est offert de dire oui quand ils pensent oui, et non quand ils pensent non, le travail devient le maître et le capital l'esclave. Et il n'importe absolument pas que le capital ait à sa disposition des fusils, des mitrailleuses et,des gaz empoisonnés, car il restera parfaitement impuissant si le travailleur affirme sa dignité d'homme en restant absolument fidèle à son non. Le travail n'a pas besoin de se venger, il n'a qu'à rester ferme et à présenter la poitrine aux balles et aux gaz empoissonnés, s'il reste fidèle à son "non", celui-ci finira par triompher.
Mais je vais vous dire pourquoi le mouvement ouvrier, si souvent capitule. Au lieu de stériliser le capital, comme je l'ai suggéré en tant qu'ouvrier moi-même, il cherche à prendre possession du capital pour devenir capitaliste à son tour. Par conséquent, le capitalisme, soigneusement retranché dans ses positions et bien organisé, n'a pas besoin de s'inquiéter: il trouve dans le mouvement ouvrier les éléments qui soutiendront sa cause et seront prêts à le remplacer.
Si nous n'étions fascinés par le capital, chaque homme et chaque femme comprendrait cette vérité essentielle. Ayant moi-même participé à l'organisation ou organisé des expériences de ce genre dans toutes sortes de cas, et pendant longtemps, je puis dire que j'ai le droit de parler de cette question, et que je possède quelque autorité en la matière. Il ne s'agit pas là de quelque chose de surhumain, mais au contraire de quelque chose qui est possible à chaque travailleur, homme ou femme. En effet, ce qu'on demande à l'ouvrier ne diffère pas de ce qu'accomplit en certain sens le soldat qui est chargé de détruire l'ennemi, mais porte sa propre destruction dans sa poche.
Je désire que le mouvement ouvrier imite le courage du soldat mais sans copier cette forme brutale de sa tâche qui consiste à apporter la mort et les souffrances à son adversaire, je me permets de vous affirmer d'ailleurs que celui qui est prêt à donner sa vie sans hésitation et en même temps ne prend aucune espèce d'arme pour faire du mal à son adversaire, montre un courage d'une valeur infiniment supérieure à l'autre.
Lettre du Président Evo Morales à l’Union Européenne
Jusqu’à la fin de la Seconde guerre mondiale, l’Europe était un continent d’émigrants. Des dizaines de millions d’Europe partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques.
Aujourd’hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite “directive retour”. Ce texte, validé le 5 juin passé par les ministres de l’Intérieur des 27 pays de l’Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu’il durcit de manière drastique les conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier, quelque ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.
Les Européens sont arrivés dans les pays d’Amérique latine et d’Amérique du Nord, en masse, sans visa ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l’Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIème et le XIXème siècle. Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés.
Aujourd’hui, l’Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d’espace de prospérité et de libertés publiques. L’immense majorité des migrants viennent dans l’Union européenne pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois de travaux publics, dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l’UE.
Pour nous, nos émigrants représentent l’aide au développement que les Européens ne nous donnent pas – vu que peu de pays atteignent réellement l’objectif minimum de 0,7 % du PIB d’aide au développement. L’Amérique latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars octroyés au nom de l’aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10 % de son PIB en transferts de fond des migrants (1,1 milliards de dollars), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.
Il apparait que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du Tiers-Monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d’œuvre qualifiée en laquelle, d’une manière ou d’une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.
Il est regrettable que le projet de “directive retour” complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe d’États puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains. La directive retour prévoit la possibilité d’un enfermement des migrants sans papier jusqu’à 18 mois avant leur expulsion – ou “éloignement” selon le terme de la directive. 18 mois ! Sans procès ni justice ! Tel qu’il est le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948. Et en particulier l’article 13 qui énonce :
“1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.”
Et, pire que tout, il existe la possibilité d’emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides. Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papier, dont l’immense majorité travaille et s’intègre depuis des années ? De quel côté est aujourd’hui le devoir d’ingérence humanitaire ? Où est la “liberté de circuler”, la protection contre les emprisonnements arbitraires ?
Parallèlement, l’Union européenne tente de convaincre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou) de signer un “Accord d’association” qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu’imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la “protection juridique”, on nous reproche notre processus de nationalisation de l’eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des travailleurs. Je demande, dans ce cas : où est la “sécurité juridique” pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ?
Promouvoir d’un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu’en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement… Ceci est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.
Dans ces conditions, si cette “directive retour” devait être approuvée, nous serions dans l’impossibilité éthique d’approfondir les négociations avec l’Union européenne et nous nous réservons le droit d’imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visas qui nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l’avions pas exercé jusqu’à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l’UE.
Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d’importantes difficultés globales : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité alors qu’augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu’ils soient sans papier ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n’est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l’Europe ne sont pas la faute des migrants, sinon le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.
Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l’Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et militants d’Europe, pour que ne soit pas approuvée le texte de la “directive retour”. Telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est une directive de la honte.J’appelle aussi l’Union européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l’Homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l’énorme dette historique, économique et écologique que les pays d’Europe ont envers une grande partie du Tiers-Monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l’Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd’hui dans vos “politiques d’intégration” comme vous avez échoué avec votre supposée “mission civilisatrice” du temps des colonies.
Recevez tous, autorités, eurodéputés, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier notre solidarité envers tous les “clandestins”.
Evo Morales Ayma Président de la République de Bolivie (traduction - Juin 2008)
mercredi 15 juin 2011
LE GRAND MAHATMA GHANDI
Les Ouvriers de la Dernière Heure Mohandas K. Gandhi LES OUVRIERS DE LA DERNIÈRE HEURE Editeur originel : c Navajivan Publishing House Ahmedabad 380014 Inde sous le titre de « Sarvodaya » (en gujarati) « Unto This Last » (en anglais) c Traduction et présentation Yann FORGET 1993 Publié en français à l’occasion du Colloque Gandhi de Montpellier les 31 janvier et 1er février 1998 organisé par l’Arche de Lanza del Vasto et la Maison de la Paix de Montpellier. Révisé en 2002 avec l’aide de LATEX2 sur Debian GNU/Linux. Permission vous est donnée de copier et de distribuer ce document pour toute publication non commerciale.
LES OUVRIERS DE LA DERNIÈRE HEURE
Table des matières Présentation 5 Gandhi, une pensée moderne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 Les Ouvriers de la Dernière Heure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Préface de l’auteur 15 I. Les Racines de la Vérité 17 II. Les Veines de la Richesse 23 III.Une Justice équitable 29 IV. Qu’est-ce que la vérité? 33 Conclusion 35 Glossaire 37 Bibliographie 39 En français . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39 En anglais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43 En gujarati . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43 3 LES OUVRIERS DE LA DERNIÈRE HEURE 4 LES OUVRIERS DE LA DERNIÈRE HEURE Présentation Gandhi, une pensée moderne Dans un chapitre de son autobiographie intitulé « La Magie d’un livre » (4ème partie, chapitre XVIII), Gandhi nous dit comment il a découvert « Unto This Last » de Ruskin pendant un voyage en train en Afrique du Sud1 : Impossible de m’en détacher. Dès que je l’eus ouvert, il m’empoigna. De Johannesburg à Durban, le parcours prend vingt-quatre heures. Le train arrivait le soir. Je ne pus fermer l’oeil de la nuit. Je résolus de changer de vie en conformant ma nouvelle existence aux idées exprimées dans cet ouvrage. (...) Je crois que ce livre immense me renvoya alors, comme un miroir, certaines de mes convictions les plus profondes ; d’où la grande séduction qu’il exerça sur moi et la métamorphose qu’il causa dans ma vie. (...) Voici, tels qu’ils m’apparurent, les trois enseignements de cet ouvrage : 1. Que le meilleur de l’individu se retrouve dans le meilleur de la collectivité ; 2. Que le travail de l’homme de loi ne vaut ni plus ni moins que celui du barbier, dans la mesure où tout le monde a également droit à gagner sa vie par son travail ; 3. Qu’une vie de labeur — celle du laboureur ou de l’artisan, par exemple — est la seule qui vaille la peine d’être vécue. Gandhi est né en 1869, à Porbandar, un port du Gujarat, dans l’ouest de l’Inde. En 1889, il part à Londres faire des études de droit. Après des débuts médiocres comme avocat au Gujarat et à Bombay, il obtient de s’occuper d’une affaire en Afrique du Sud. C’est là qu’il formera sa philosophie et la méthode qu’il nommera satyagraha, l’attachement à la vérité. Vingt ans plus tard, il revient en Inde, accueilli comme un héros. En 1919, il lance les premières campagnes de désobéissance civile sur une grande échelle, exemple encore inégalé dans l’histoire. Après quelque trente années de luttes, pendant lesquelles Gandhi effectue de nombreux jeûnes et séjours en prison, l’Inde obtient son indépendance, sans avoir utilisé la force militaire. Mais celle-ci est amère : elle est obtenue au prix de la partition de l’Inde et du Pakistan qui résulte en une sanglante guerre civile : environ un million de morts, dix millions de réfugiés des deux cotés de la frontière. Le 30 janvier 1948, il est assassiné par un fanatique hindou membre d’une organisation intégriste qui lui reproche les concessions qu’il a faites aux Musulmans. Aujourd’hui, encore et plus que jamais, son influence en Inde et dans le monde est importante, sans être toutefois toujours reconnue. Dans de nombreux domaines, les habitudes ou les lois ont évolué dans 1. M. K. Gandhi, Autobiographie ou mes Expériences de Vérité, PUF, 1986, pages 378-379. 5 LES OUVRIERS DE LA DERNIÈRE HEURE la direction préconisée par Gandhi. Ce livre en est témoin. Nous avons admis, longtemps après, ce que prônaient Ruskin et Gandhi, alors qu’ils ont été décriés en leur temps. Aujourd’hui, la pensée de Gandhi pourrait-elle encore apporter à la société occidentale un élément positif nouveau ? Pour une grande partie de l’opinion, cette question est saugrenue, voire déplacée. Comment peut-on prétendre qu’une philosophie venant d’un pays en développement, et de l’un de ceux qui rencontrent le plus de problèmes économiques, sociaux et culturels, pourrait apporter des solutions aux problèmes de la société occidentale? La pensée de Gandhi peut paraître inutile et dépassée, mais je pense que celle-ci est résolument tournée vers l’avenir, et prétends qu’elle apporte une réflexion nécessaire à l’évolution du monde entier, et des pays occidentaux en particulier. C’est une opinion peut répandue et contraire à la mode intellectuelle d’aujourd’hui. Ceci pour deux raisons : cette pensée est encore peu connue en dehors d’un milieu militant et dans l’ensemble mal comprise malgré les très nombreuses études et bibliographies qui lui ont été consacré (plus de 1200 ouvrages !). D’autre part, la prétendue supériorité de la civilisation occidentale par rapport aux civilisations orientales, croyance répandue parmi de nombreux intellectuels autant que parmi le grand public, renforce cet a priori. Pourtant de nombreux auteurs ont déjà montré l’intérêt universel de la philosophie de Gandhi. Déjà en 1924, à l’aube des luttes non-violentes pour l’indépendance de l’Inde, Romain Rolland écrivait que cette philosophie est « le véhicule d’une nouvelle raison de vivre, de mourir, et d’agir pour toute l’humanité » et apporte « à l’Europe épuisée un nouveau viatique » 2. On a souvent prétendu que la pensée de Gandhi, étant fondée sur l’hindouisme, était inapplicable ailleurs qu’en Inde. En fait, cette idée repose sur une profonde méconnaissance de cette pensée. Bien que certains de ses traits soient propres aux philosophies de l’Orient, une grande partie de la théorie et de la pratique de Gandhi est foncièrement étrangère à l’Orient, et à l’hindouisme en particulier. Un sociologue indien, Asis Nandy, écrit : « La nature des réformes sociales qu’il proposait et l’activisme politique qu’il exigeait des Indiens bouleversaient profondément les tendances dominantes de la culture indienne, spécialement celle des Hindous ». La pensée et l’action de Gandhi « constituaient, par rapport à l’éthos dominant de la civilisation indienne, une attitude fondamentalement déviante. »3 En effet, nous avons tendance à oublier que Gandhi a formé sa pensée en Angleterre, en Afrique du Sud et par la lecture d’auteurs occidentaux : Ruskin, Tolstoï, Thoreau. Je pense également que la redécouverte de ces auteurs à la lumière de l’interprétation gandhienne et de l’évolution récente du monde serait profitable à la société occidentale. Certaines de leurs oeuvres sont introuvables aujourd’hui, en français en particulier4. La Bible, et particulièrement le Sermon sur la Montagne, a aussi été une source importante de la pensée de Gandhi. Seule une petite partie de l’oeuvre littéraire de Gandhi a été traduite et publiée en français. On pourrait reprendre, trente ans après, l’argumentaire de présentation de la collection « Pensée gandhienne » dirigée par Lanza del Vasto aux Editions Denoël. La plupart des livres de cette collection étant épuisés, il est donc encore nécessaire de « combler une lacune dans l’histoire contemporaine et dans la science sociale moderne ». « Le Français, est-il écrit, qui voudrait étudier la libération de l’Inde et la révolution originale dont elle fut le fruit, manque de certains documents de première main. 2. R. Rolland, Mahatma Gandhi, Paris, Stock, 1924, p. 179 3. A. Nandy, Final Encounter: the politics of the assassination of Gandhi in At the Edge of psychology. Essays in Politics and Culture, Delhi, Oxford University Press, 1980. Traduit par Joël Dusuzeau dans Miroir de l’Inde. Etudes indiennes en sciences sociales. Textes réunis et présentés par Roland Lardinois. Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 1989, p. 270, note 5. 4. Voir la bibliographie en annexe.
J'ESPERE QUE CE DEBUT VOUS DONNERA LE DESIR DE LIRE LA SUITE.. BONNE LECTURE
« Je me réserve avec fermeté le droit de me contredire. » Paul Claudel
HIER ? MAINTENANT.. DEMAIN
INSURGEONS NOUS
CONTRE
LES LOIS SCELERATES DE CETTE REPOUBELLE FRANCAISE
CQFD
IL EST TANT E MARCHER APRES
NOUS ETRE LEVEZ
POUR L'INSTANT
LA CROSSE EN L'AIR
MAIS POUR COMBIEN DE TEMPS ???
apaches
NON !!
NOUS NE SOMMES PAS COMDAMNES A
L'ESCLAVAGE DE LA FINANCE CAPITALISTE
NI DES POUVOIRS
POLITIQUES
QU'ELLE TIENT AU COLLIER ETRANGLEUR
OMC
VOILA CE QUE NOUS NE VOULONS PLUS JAMAIS
LA CHARTE DE LA HAVANE
UN ESPRIT JUSTE ET HUMANISTE
QUE LES "GRANDS DE CE MONDE "
ONT REFUSES DE SIGNER
NO COMMENT !!
EN FRANCAIS SVP
Les paradis fiscaux et judiciaires
Par Mariannick Bellot
Lorsqu’on pense à un paradis fiscal, on imagine une île enchanteresse où quelques
très riches, ou quelques multinationales plus ou moins douteuses, viendraient
entreposer leur argent à l’abri du fisc. En réalité, Londres est la première place
financière off shore, et les paradis fiscaux font transiter la moitié du commerce
mondial : ils sont, de fait, au coeur du système.
Ils ne fonctionnent pas comme des coffres forts secrets, mais plutôt comme des
canaux par où l’argent circule sans être contrôlé, avant d’être réinjecté dans les
circuits officiels.
Bernard Da Costa a travaillé comme directeur financier de la région Afrique-
Méditerranée du groupe Acergy, une des grandes entreprises mondiales du
parapétrolier offshore. Cette entreprise est cotée au Nasdaq : elle est de ce fait
soumise à la loi américaine Sarbanes Oxley sur la transparence et la sincérité des
comptes. Mais les comptes des sociétés françaises du groupe ne donnaient pas,
pour chaque exercice, une image fidèle de leurs opérations et de leur situation
financière : leurs bénéfices étaient soit attribués à des filiales fantômes basées
notamment dans des paradis fiscaux et au Royaume-Uni, soit renvoyés sur des
sociétés domiciliées fictivement en Afrique au plan fiscal, soit enfin détournés de
France et de pays africains par un jeu de refacturations de complaisance…
Bernard Da Costa a proposé à la Direction du groupe Acergy de régulariser la
situation, calamiteuse au plan juridique et fiscal. Il a été licencié, avec une offre
pour acheter son silence. Il a refusé. Aujourd’hui il parle. Il a conservé toutes les
preuves de ses affirmations.
Au travers de ce cas d’école, on retrouve les différents moyens d’action qu’offrent
les paradis fiscaux à des dirigeants de groupes peu scrupuleux sans que les
auditeurs de ces mêmes groupes y trouvent à redire.
Le secret bancaire est la clé de voûte du système : sans lui, tout s’écroule. Réfugiés
derrière la nécessité du secret bancaire, la Suisse, le Luxembourg, et d’autres
paradis fiscaux moins respectables, refusent toute coopération sérieuse avec la
justice. Jean de Maillard, juge rendu célèbre pour sa lutte contre la corruption,
explique comment la lenteur des procédures internationales, la corruption des
classes politiques (il cite entre autres Berlusconi, qui fait aujourd’hui voter des lois
lui assurant l’impunité, et dont la fortune a été assurée par les paradis fiscaux), et
enfin l’opacité et la circulation rapide des capitaux, rendent les enquêtes
simplement inopérantes.
C’est pourquoi on parle de paradis fiscaux et judiciaires : leur prospérité ne repose
que sur les garanties d’opacité qu’ils offrent (trust, fondation au Liechtenstein,
société écran…).
En France, la fraude fiscale nous coûterait 50 milliards d’euros par an, selon le
syndicat des impôts, le SNUI, soit 2 à 3 % du PIB ! L’équivalent de la dette…
Pour l’ensemble des pays du Sud, le Tax Justice Network évalue la perte annuelle à
500 milliards d’euros : dix fois le montant de l’aide qui leur est accordée.
L’universitaire américain Raymond Baker estime qu’entre 15 à 30 milliards d’euros
issus de la corruption sont transférés annuellement hors des pays du Sud. Jean
Merckaert, du CCFD, explique que les financements des « seigneurs de la guerre »
passent par les paradis fiscaux et judiciaires, comme les réseaux de traite des êtres
humains ou le pillage des ressources naturelles (pétrole, bois, diamants…).
Enfin, ces paradis fiscaux et judiciaires permettent une circulation extrêmement
rapide et incontrôlée de capitaux spéculatifs, (on parle de « hot money ») : ils
décuplent les crises économiques par le retrait brutal d’énormes masses
financières (cf la récente crise des subprimes). Ces flux étant incontrôlables, John
Christensen, du Tax Justice Network qui avait déjà annoncé la crise des subprimes,
prévoit d’autres crises financières majeures dans la décennie à venir.
Aujourd’hui, les Etats de l’OCDE ont pris conscience de la manne qu’ils perdent
avec l’évasion fiscale, et sont décidés à faire pression sur les paradis fiscaux : voir
l’affaire récente entre l’Allemagne et le Liechtenstein (lorsque les services secrets
allemands ont révélé une liste de clients européens bénéficiant de comptes au
Liechtenstein), ou les attaques du Congrès américain contre la vénérable banque
suisse UBS.
Mais, d’une part, l’usage des paradis fiscaux se démocratise : aujourd’hui les
banques proposent des services « d’optimisation fiscale » aux classes moyennes
supérieures aux Etats Unis, et déjà aux PME en Europe. D’autre part, Singapour et
d’autres paradis asiatiques se montrent tout à fait offensifs, et prêts à prendre la
relève. Enfin, conclut Xavier Harel, aucun des noms français de la liste achetée par
les services secrets allemands n’a encore été rendu public… Signe que le pouvoir
politique, en France comme ailleurs, n’a pas la volonté (ou les mains libres ?) de
faire le ménage.
Quelques chiffres (SNUI) :
On dénombre environ 70 paradis fiscaux. Parmi eux, les îles caïmans abritent 80 %
des fonds
d’investissement du monde gérant plus de 1 000 milliards de dollars d’actifs, les îles
vierges logent la
moitié des sociétés non résidentes du monde, 225 banques et 820 fonds
d’investissement sont
implantées dans les îles anglo-normandes (source : Plateforme paradis fiscaux et
judiciaires).
Selon le Groupe d’action financière (Gafi), le blanchiment représente 2 à 5 % du PIB
mondial brut.